Élever une fille ou un garçon, les différences ? (1/2)

Publié le 24 Juin 2013

Élever une fille ou un garçon, les différences ? (1/2)

Je m'étais souvent demandé comment élever une fille de façon non sexiste. Je suis la dernière d'une fratrie de 3, avec 2 garçons avant moi. Ma mère a fait de son mieux, mais j'ai tout de même ressentis de vraies différences dans l'éducation :

- Pas la même liberté : les garçons avaient le droit de faire certaines choses qu'on me refusait en tant que fille, notamment à l'adolescence, pour des "raisons de sécurité".

- Pas les mêmes apprentissages : je me souviens de ma mère qui a voulu m'apprendre à repasser vers 12 ans alors que mes frères de 13 et 16 ans n'avait jamais approché un fer à repasser. J'ai refusé (pensez-vous, j'étais déjà un peu rebelle sur ces questions-là). Résultat 20 ans après seuls mes frères repassent régulièrement aujourd'hui puisqu'ils doivent porter des chemises pour bosser (bien fait !) et moi... je repasse une fois par mois quand je veux porter quelque chose qui le nécessite, mais la plupart du temps je zappe. Mister n'a pas besoin de chemises repassées pour travailler, mais parfois (mariage, sorties...) je lui en repasse une volontier s'il a la flemme parceque c'est pas une activité qui me dérange !

- Pas les mêmes exigences. Surtout venant de mon père et surtout pour les études. Mes frères se devaient de suivre la voie scientifique, pour avoir un bon métier et nourir leur famille (résultat : réussite pour 1 sur 2, l'autre n'a fait "que" du droit... et Science-Po !). Mais moi que je fasse une voie Eco pourquoi pas, et une prépa ? non sûrement trop difficile... Je ne les ai pas écouté là-dessus non plus j'ai fait une prépa HEC et une école de commerce... non mais oh ! (et aujourd'hui c'est moi qui ramène le plus de sous à la maison)

- Pas le même rôle dans la famille. Ça c'est ce que j'ai le plus mal vécu, et qui vient surtout des grand-parents. Une fille doit aider à la maison, une fille doit être serviable : bref elle doit servir les hommes ! Oui, certaines vont bondir de leur chaise et moi aussi : à table chez mes grand-parents c'était ambiance :
" - Va mettre la table !
- Pourquoi moi et pas mes frères ?
- Parceque je te le demande, c'est incroyable de ne pas être serviable comme ça !" Et j'avais beau lancer un regard d'appel au secours à mes frères, non, ils ne bougeaient pas. Idem à table où il fallait que je fasse les aller-retours à la cuisine sur fond de "Tu ne vas tout de même pas demander à tes frères de le faire ??" "Euh... si !". Je vous jure qu'à l'adolescence j'en ai pleuré de rage d'être stigmatisée comme ça dans un rôle de femme à l'ancienne.

Le pire c'est qu'avec ces méthodes rétrogrades l'ambiance familiale a tué toute volonté d'aider chez les garçons. Aujourd'hui encore aux repas de famille, ce n'est la majeure partie du temps pas eux qui se lèvent (même si chez eux, ils sont bien obligés de partager pour celui qui est marié... et faire pour celui qui vit seul !). Je me dis que c'est la génération du dessus, que c'est plus la peine de se battre avec eux, et que ça changera par la suite (et puis au moins dans la vie de tous les jours je suis libre d'être la femme que je veux et l'égale de Mister !!). Pourtant j'avais fait du bon boulot de mon côté avec mon frère d'un an de plus quand on était seuls à la maison : je lui ai montré comment faire une lessive, comment cuire un steak... et il était coopératif et intéressé ! je suis sûre qu'il aurait fini féministe avec un peu de soutient familial ;)

- Pas le même discours sur le sexe et le couple. Bon, il faut l'avouer le discours sur le sexe était assez limité à la maison. On a eu des explications claires sur "Comment on fait les bébés" mais par la suite la contraception & co... pas trop. Ensuite à l'adolescence j'ai le souvenir du côté parternel d'un certain "méfie toi des garçons, qui veulent coucher avec les filles et qui les laissent tomber ensuite" (rassurant, ça donne envie) et du côté grand-parents (encore eux !) de "Il faut se marier avant d'habiter ensemble et surtout avant de faire des enfants!". Raté.
Et puis vers l'âge jeune adulte "Mais pourquoi tu es toute seule ?", "Avec ton caractère aussi c'est pas si étonnant que tu ne trouve pas de mari !", voire un jour de mon père "A force de trainer qu'avec des filles tu vas finir homo". OK, ok... donc à 15-20 ans il faut se méfier de tous les hommes et entre 20 et 25 ans épouser le premier qui passe.Vous devinez ? oui, c'est ça : je ne les ai pas écouté ! que mon frère ainé ait une petite amie avant 18 ans et a priori une vie sexuelle ça, ça ne dérangeait pas grand monde... évidemment c'est un garçon, c'est pas pareil !

Bref, il y a 20 ans c'était mieux qu'à la génération de ma mère mais ça n'était pas encore ça l'égalité dans l'éducation (même si j'ai entendu des familles où c'était différent). Et nous, est-ce qu'on saura passer au-delà de ces clichés ?

Rédigé par unBBaParis

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